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# L'avenir à le don d'arriver sans prévenir

LauueeRacontee

Depuis 3 ans, mes relations amoureuses se résumaient à un échec total. Je ne savais pas si c'était parce que j'étais une célébrité ou tout simplement parce que j'étais trop exigeant avec eux. Je savais que j'avais un problème, mais lequel? Je n’ai aucune idée, mais j'étais prêt à le découvrir et à aller à la chasse aux mecs!

Je suis entré dans mon immeuble de luxe, situé a L.A. me dirigeant vers l’ascenseur. Je suis monté jusqu’au quinzième étage. En sortant de la cage d’acier, j’ai emprunté le couloir menant à ma porte. J’ai sorti les clés et, alors que je les glissaient dans la serrure, j’ai vu mon voisin Tyler sortir de son appartement. Il m’a regardé un moment et m’a souri. Rooohh, et merde, méchant sourire ce gars! Si je en me retenais pas, je lui sauterai dessus. Je lui ai souri poliment à mon tour, croisant les doigts pour que mes pensées ne se voient pas sur mon visage. Tyler... Il était vraiment très beau et grand. Musclé, avec ses tatouages, sa tête rasée et sa casquette rouge, il avait l’air d’un rappeur américain. Un genre qui me fait craquer...

Le seul problème, c'est que lui et moi avions déjà été à l'école secondaire ensemble. J'étais plutôt populaire à l'âge de 15 ans. Déjà, à l’époque, je me maquillais, j’avais commencé à teindre mes cheveux et à me travestir. J’attirais tous les regards et j'aimais ça. Tyler, quant à lui, je ne sais pas trop s’il était mon meilleur ami ou une simple connaissance. Il était toujours là à mon souvenir, toujours présent pour moi. Il ne ressemblait pas à ce qu’il est aujourd’hui. Au contraire! Il était maigre, petit et portait des lunettes affreuses. Le fait qu’il avait des broches, un visage avec les joues creuses et des cheveux longs n’améliorait pas son apparence. Ses yeux noirs, noirs à en faire peur contrastaient avec son visage pâle. Au niveau vestimentaire, il n’avait aucun style. Toujours habillé avec un chandail noir ou blanc entré a l’intérieur de son jean pâle, jean que je soupçonnais appartenir auparavant à son grand frère. À mon souvenir, il portait des chaussures à rabais d’un brun affreusement laid qui avaient des lacets blancs. Je crois me rappeler qu’ils le vendaient dans un magasin aux prix très bas. En bref, il n’était pas le genre de type que l’on désirait, du moins, si c’était le cas, pas de manière publique.

Tyler était toujours là. Il déjeunait et dînait avec moi tous les jours à l’école, sans faute. Il restait là, le temps du repas, et partait à la bibliothèque. Il semblait comprendre que sa présence finissait par m’énerver. Je ne le retrouvait que le soir, nous partions ensemble après l’école. Je profitais de ce temps pour lui parler, me confier a lui, vider mon cœur et lui raconter tous mes secrets. Et lui, il se contentait de m’écouter. D’ailleurs, il fut le premier à savoir à propos de mon homosexualité.

Puis, un jour, alors que nous avions 16 ans, je n’en suis plus certain, il est venu chez moi. En fait, il devait passer la fin de semaine avec moi et ma famille parce que ces parents partaient et il ne voulait pas rester seul. Ce vendredi soir-là, nous étions confo dans mon lit en écoutant un film d’amour, «Mon fantôme d’amour» avec Demi Moore et Patrick Swayze. Sans que je m’y attende, il s’est penché vers moi et a essayé de m’embrasser! Je l’ai tout de suite repoussé ! Je n’en revenait pas! Sur le coup, j’ai pensé qu’il faisait une connerie. Qu’il me niaisait ! Pourtant, il a continué sur sa lancée. Il a déclaré qu’il était fou amoureux de moi depuis la première fois qu’il a posé ses yeux sur moi, que ça avait été le coup de foudre. En y repensant, c’était une déclaration d’amour mignonne et vraiment romantique mais... Je ne me voyais pas avec un gars comme lui. Il avait beau être gentil, je ne souhaitais sortir avec lui! Il était vraiment le contraire de moi, je veux dire, c’était quelqu’un qui préférait passer sa journée à lire, laid, un peu con qui avait un rire affreux! Moi, à 16 ans, j’aurais préféré être brûlé vif, plutôt qu’être vu comme le chum d’un gars comme lui. Et je pense que c’est encore un peu le cas aujourd’hui... Dans tous les cas, je crois que je lui ai brisé le cœur a l’époque, car il ne m’a plus jamais adressé la parole après. Cela a été la pire fin de semaine de ma vie. À l’école, la rumeur que l’on ne se parlait plus s’est vite répandue. Plusieurs soutenaient que c’était parce que je lui avait brisé le coeur. Cette précision a eu pour conséquence que beaucoup d’autres élèves ont commencent à me détester. J’ai été surpris de découvrir à quel point tout le monde l’aimait à l’école. Il faut dire qu’il était si gentil. En l’espace d’une fin de semaine, je suis passé du statut de vedette/centre de l’attention à celui d’un gars froid, sans aucun sentiment qui s’amuse à briser les cœurs. J’ai même entendu des filles chuchoter que j’étais stupide de manquer la chance de sortir avec un gars aussi merveilleux ! Mais, je n’en avais rien à faire, Tyler ne m’intéressait pas. Pour moi, le physique était important. Même si le reste de la personne me plaisait bien, le physique se devait d’abord et avant tout d’être agréable pour que je sois intéressé. J’avais des critères et je ne voyais pas de raison de justifier le fait d’avoir des exigences.

En y repensant, je crois que j’ai fait un erreur en le repoussant. Après les vacances d’été, à mes 17 ans, Tyler a complètement changé. Au retour des vacances, il n’était plus le même type. Il s’était musclé, avait bronzé et avait grandi. Il avait troqué ses lunettes par des lentilles de couleur et correctrice, ses yeux était d'un bleu qui nous accrochait et dans lequel on pouvait y rester plongé pendant des heures. Ces broches avaient disparue et son sourire était désormais éclatant. Ces cheveux étaient rasés et, en plus, il s’était fait tatouer. Le fait qu’il porte une casquette rouge avec une signe NY blanc rappelait un chanteur de hip-hop ou un rappeur américain. En gros, je ne pouvais pas m’empêcher de le comparer à Channing Tatum, et c’était Tyler qui gagnait la comparaison.

À ce moment-là, vous ne pouvez pas comprendre à quel point je me suis senti stupide d’avoir repoussé sa déclaration d’amour. Dès qu’il m’a dit «salut» comme à l’habitude, je me suis senti fondre à l’intérieur. Je le voulais, je le voulais tellement.

Peu de temps après la rentrée scolaire, je suis allé le voir chez lui, comme j’avais l’habitude de le faire avant sa déclaration l’année avant. Son accueil a été un peu froid. Sans me laisser déstabiliser, une fois que nous nous sommes installé dans sa chambre, je lui sauté au cou et j’ai essayé de l’embrasser. Maintenant que j’y repense, je ne peux m’empêcher de rougir de honte, surtout considérant ce qui en a suivi. Il m’a repoussé en me disant que j’étais le pire des imbéciles. Alors que j’ai tenté de lui expliquer que je m’étais rendu compte de mon erreur, qu’en réalité je l’aimais, il m’a coupé en argumentant calmement que la seule chose que j’aimais vraiment c’était sa nouvelle apparence. Je me souviens de l’avoir fixé longuement en songeant qu’il n’avait pas tort. Cependant, j’aurais préféré mourir que le lui avouer. D’autant que le fait qu’il soit à l’écoute, gentil et qu’il prenne soin de moi, jouait aussi dans ma prise de décision. C’était moins important mais cela l’était quand même!

En y repensant, je crois que cela a été l’un des pires erreurs de ma vie. Si j’avais décidé autrement, nous serions peut-être encore ensemble aujourd’hui... D’autant que plus le temps passait, plus je réalisais à quel point j’avais été amoureux de lui, et ce depuis le début.

C'est alors que je me rends compte qu'il me parle depuis un moment.

-Hein, répondis-je en secouant la tête pour chasser mes pensées.

-J'ai dit que tu avais une jolie robe, répéta-t-il.

-Oh, merci, dis-je en rougissant, je me sentais con de rougir ainsi.

Je portais une robe noire. Le haut était un genre de corset et le bas était bouffant, un peu comme un tutu de ballerine qui m'arrivait aux genoux, avec des ballerines noires.

J'ai ouvert la porte de mon appartement le cœur battant. J'étais convaincu qu'il faisait exprès d'agir comme ça. Probablement pour me mettre mal à l'aise. Je suis entré chez moi sans prononcer un mot de plus, convaincu qu'il devait bien rire de moi. J'ai balancé mes clés sur le bureau à côté de moi près de la porte d'entrée. Déprimé, je suis allé m'écraser sur mon canapé et j'ai éclaté en sanglots. Moi et les histoires d'amour... Je suis certain que j'ai vécu les pires relations amoureuses parce qu'aucun mec ne valait Tyler à mes yeux. Je suis resté un long moment ainsi. J'ai sûrement dû m'endormir car, quand j'ai ouvert les yeux, mon horloge affichait 7h00. J'avais dormi depuis 20h hier soir.

Je me suis levé et fait mon déjeuner. Après avoir mangé et rangé ma cuisine, je me suis dirigé vers les toilettes pour prendre ma douche. Je venais de me déshabiller quand on a toqué à ma porte. J'ai soupiré, mis une serviette autour de ma taille et je suis allé répondre. En ouvrant la porte, j'ai eu la surprise de voir devant moi Tyler avec un large sourire aux lèvres. Il ne semblait pas se gêner pour me détailler de bas en haut.

-Hum... Oui, demandais-je gêné afin de mettre fin au silence.

-Oui euh... Mon four vient tout juste de casser et... Je reçois des gens pour souper ce soir et hum... Ça ne te dérangerait pas si... En fait, je me demandais si je pouvais accueillir mes invités chez toi au lieu de chez moi?

Je suis resté sous le choc. Tyler, me demandait d'utiliser ma cuisine et mon appartement? Non mais, il se prend pour qui, hein!? Il me fait chier pendant des années à cause d'un histoire datant du secondaire et là, tout d'un coup, il me reparle comme si de rien n'était! Tss, il ne s'est pas du tout adressé à la bonne personne, non mais!! Je suis scandalisé par son culot!

Je ne pouvais vraiment pas croire ce qui se passait... Pourquoi, après toutes ces années, il revenait me parler? Était-ce un signe? Mais noooon, bien sur que non, Dieu ne serait jamais assez gentil avec moi pour me donner une chance de ce genre! Mais à quoi est-ce que je pense?!

Je suis resté figé devant lui un bon moment, ne sachant pas quoi dire. Quand je suis revenu à la raison, je l'ai vu pencher sa tête sur le côté tout en passant sa langue sur ses lèvres. J'ai rougis comme un gamin que l'on attrape en train de voler des biscuits.

Je me suis ressaisi, déterminé à lui faire face. Bon! Réveille-toi Jay et dis-lui ta façon de penser!

-Ton souper fini tard? Me contente-je de demander malgré moi.

-22h max!

-Bon, c'est d'accord alors!

QUOIIIIIIIIIIIIIIIII!?

Non, mais je suis pas bien dans ma tête ou quoi? Pourquoi est-ce que j'avais accepté ? Je ne voulais pas accepter, je voulais le faire... Le faire CHIER PUTAIN DE MERDE!!! Je ne comprenais pas ce qui venait de se produire. C'était comme si un autre personne avait agit alors que je me contentait d'assister à la scène, inutile.

Il m'a souri.

-Je vais aller chercher ce que j'ai besoin t'inquiète, je ne te dérangerais pas de la journée, me dit-il toujours avec se large sourire.

-Mh, mh, me contentais-je de répondre.

-On va être sage comme des images.

J'ai fait oui de la tête.

-Je laisse la porte débarré, je retourne à ma douche.

Il a souri en partant vers son propre appart. Sur le coup, j'ai trouvé son sourire plutôt... pervers, ou plutôt un sourire remplir de désir ... Cela devait être une illusion. J'ai fermé la porte en haussant avec un profond soupir et je suis allé dans ma grande salle de bain, un peu étourdit par la direction dont avait pris la discussion.

J'ai enlevé ma serviette, la laissant glisser le long de mes jambes puis je me suis dirigé vers ma douche. J'ai fait coulé l'eau chaude, juste l'eau chaude, je voulais avoir chaud. Je suis ensuite entrés sous l'eau, qui a caressé mon petit corps maigre. Je me suis tenu sous le jet et j'ai commencé à passer mes mains le long de mon corps. Je me suis caressé doucement, en prenant tout mon temps. Je voulais oublier Tyler, son maudit souper, mes échecs amoureux et ma solitude. Cela faisait une éternité que je n'avais pas couché avec quelqu'un et je ressentais le besoin de me faire plaisir. J'ai continué de caresser mon torse tout en laissant glisser une main vers mon membre tendu de désir. Je l'ai attrapé sans hésitation et l'image de Tyler est apparue dans mon esprit. En faisant des lents va-et-vient, la pensée que ce soit sa main à la place de la mienne m'a traversé l'esprit. Oooh oui, je voulais ses mains partout sur moi. J'ai continué en accélérant, imaginant Tyler devant moi, sa main s'activant sur mon membre. C'était tellement bon! Je me suis adossé sur le carrelage de ma douche, de plus en plus excité, la sueur couvrant mon corps étant tout de suite rincée par l'eau qui coulait sur moi. Totalement pris dans mon fantasme, j'ai complètement oublié où je me trouvais tellement j'aimais ça. Sans rien retenir, j'ai laissé des gémissements sortir de ma bouche, résonner dans l'immense salle de bain.

-MMMmmmh!

-Jay !?

-Hein? J'ai fait surpris.

Tyler! J'avais complètement oublié que ma porte était débarrée. J'ai tout de même continué mes caresses en essayant de l'ignorer, trop proche du point de rupture pour arrêter.

-T'as plus de lait, s'est-il écrié à travers la porte.

-Aaaaaah, OK, j'ai répondu simplement, le souffle court.

Je voulais en finir au plus vite, plus que quelques coups de hanches... J'ai fini par jouir dans ma main, le corps parcouru par des spasmes alors que Tyler continuait de me parler. Je n'avais pas compris ces derniers mots et il devait sûrement avoir entendu mes gémissements de plaisir. J'ai haussé les épaules, m'en fichant complètement. Après tout, c'est lui qui s'était invité dans mon appartement!

Je suis sorti de la salle de bain, comme auparavant, sans rien d'autre qu'une serviette autour de la taille. Sans ralentir, je me suis dirigé vers la cuisine où Tyler s'activait, torse nu devant le four.

De mon point de vue, je ne voyais que son dos mais la vision valait la peine. Je pouvais voir tous ses muscles rouler sous sa peau bronzé ornée de tatouages. Il était parfait!

Il s'est alors retourné et il m'a détaillé de haut en bas, le regard libidineux.

-Alors, d'après ce que j'ai entendu, on s'est bien amusé sous la douche, dit-il sur un ton ironique sans me quitter des yeux.

-J'suis chez moi, je fais ce que je veux, me suis-je exclamé, piqué au vif. Si tu n'es pas content, tu peux partir!

-C'est vrai, répondit-il sur le même ton, j'aurais pu demander au voisin d'en face!

À court de répliques, je lui ai tourné le dos et je suis parti vers ma chambre, fâché. Le voisin d'en face, Isaac, un petit con de la Californie, était un grand blond aux yeux bleus bronzé. Un vrai stéréotype vivant du surfeur californien! Je le détestais, il tournait toujours autour de Tyler... Oui bon, je sais, Tyler était célibataire, il était beau et surtout, il ne m'appartenait pas... J'ai claqué la porte sur cette pensée douloureuse.

En colère, j'ai balancé ma serviette sur le sol de ma chambre et je me suis laissé tomber nu, en étoile, sur mon lit enfouissant mon visage dans mes draps. Je suis resté ainsi un moment, laissant quelques larmes couler le long de mes joues.

J'avais tellement été con, adolescent. Je me rends compte que je suis prêt à tout pour réparer cette erreur stupide, pour revenir en arrière et continuer ce baiser qu'il m'avait donné à nos 16 ans. Je suis certain que si je lui avait laissé sa chance, si j'étais sorti avec lui, on serait encore ensemble, j'en suis sûr!

Je suis resté un long moment ainsi, je ne sais pas combien de temps, pleurant sur mon oreiller.

Puis, la porte de ma chambre s'est ouverte. Je suis resté ainsi, sans réagir. Il aurait pu y avoir un voleur dans mon appartement que je m'en serais totalement foutu!

J'ai senti un poids enfoncer légèrement mon matelas et une main rude glisser le long de ma jambe me faisant frissonner.

-Ça ne va pas, a demandé la douce voix de Tyler.

-Laisses-moi! Va-t'en, j'ai répondu en pleurs.

-J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? A-t-il continué.

-Merde! Laisses-moi seul!

-Non, je reste jusqu'à ce que tu me dises ce que tu as!

Comme annoncé, il n'a pas bougé, seule sa main continuait de me caresser ma jambe. Il passait délicatement ses doigts sur ma peau, me chatouillant un peu. Il semblait déterminé à me faire avouer.

-Tu vas tout faire brûler, fini-je par argumenter.

-Non, j'ai arrêté la cuisson, juste pour toi.

-Roooh! Laisses-moi, sérieusement, j'explose exaspéré.

-Tu n'as pas envie de tout me raconter... Comme avant?

Mon cœur a arrêté de battre. Comme avant, oh mon dieu! Comme avant! Comme avant! Comme quand je lui disais tout, à lui, à lui seul...

Je me suis tourné vers lui, me dévoilant ainsi à lui, pour la première fois de ma vie. Il a rougi et j'ai fait de même.

-Tu sais, tout ce qui s'est passé, ça fait très longtemps, dit-il.

-J'aurais dû prendre mon temps au lieu de te sauter au cou, répondis-je.

-Oui... Et j'aurais du savoir qu'avant d’être... D’être ça, fait-il en désignant son corps, que je ne t'intéresserais jamais.

J'ai juste haussé les épaules et je suis retourné sur le ventre, je n'aimais pas trop le fait qu'il puisse me voir aussi démuni.

-J'ai jamais réellement cessé de t'aimer, dit-il en se levant et en se dirigeant vers la porte.

-J'aurais dû te laisser une chance, dis-je en me levant d'un bond de mon lit le souffle court.

-Peut-être, répondit-il en hochant les épaules.

-On serait encore ensemble!

-Tu crois vraiment?

-Oui, dis-je en laissant couler quelques larmes.

Il a fermé la porte de ma chambre, s'est dirigé vers moi, m'a pris par la taille et m'a embrassé. C'était le plus beau baiser de toute ma vie! Il m'a déposé sur le lit, j'ai passé mes bras autour de son cou puis j'ai caressé son dos. J'aimais tellement ses caresses, j'en redemandais, affamé. Il a passé ses lèvres vers mon cou et j'ai gémi de plaisir. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas ressenti tout cela. J'ai bougé contre lui, caressant son dos, gémissant, pendant qu'il embrassait mon cou et passait ses mains sur mes hanches. J'ai enlevé son t-shirt, puis sa casquette. Il a fait un geste pour la reprendre mais il n'en fut pas capable car je l'ai lancé à l'autre bout de la pièce. Il s'est levé, se retrouvant à califourchon sur moi. Alors qu'il s'est tendu pour attraper sa casquette, j'ai caressé son torse passant ma langue sur mes lèvres. Il a souri me voyant faire. Je l'ai attrapé par ses bras et je l'ai attiré vers moi. On a recommencé à s'embrasser. Il a passé l'une de ses mains sur mon membre, me rendant fou par les sensations ressenties. À mon tour, j'ai dirigé mes mains vers son jean et, alors que j'allais détacher sa ceinture un toc-toc-toc sonore nous a interrompu.

On s'est levé d'un bond, il a attrapé en vitesse son t-shirt et sa casquette puis a réattaché sa ceinture. Comme s'il y avait rien qui venait de se produire, il s'est calmement dirigé vers la porte.

-TYLER! A...Attend!

Il s'est retourné, m'a regardé et m'a souri.

-Je... Je, j'ai continué vainement.

-Tu...?

-Je... Je vais rester dans ma chambre, J'ai fini par dire en baissant la tête.

-Ouais...

Il est sorti de ma chambre et est allé ouvrir à ses invités.

Merde!Merde!Merde! Quel abruti, je suis.

Pourquoi est-ce que j'avais dit ça? J'aurais pu le lui dire, je t'aime Tyler, je t'aime depuis toujours! Je veux qu'on sorte ensemble! Mais non, je devais comme toujours faire l'idiot. Je me suis couché sur mon lit et j'ai pleuré, encore, comme un con.

...

Il était 22h, les invités de Tyler venaient tout juste de partir. J'ai mis un boxer et je suis sorti de ma chambre. Tyler rangeait la table.

-Tu n'es pas obligé, je vais le faire, j'ai dit en allant l'aider.

-C'est moi qui t'a dérangé chez toi, je vais ranger.

-Je vais quand même t'aider, j'ai répliqué, entêté.

J'ai pris des assiettes et je les ai mises au lave-vaisselle. J'ai continué à m'affairer quand une assiette a glissé de mes mains et s'est fracassée par terre. Je me suis penché pour pouvoir nettoyer, mais, ce faisant, je me suis frappé la tête contre le bout de la table.

Aie, merde!

J'ai fermé les yeux et j'ai posé ma main sur ma tête. Aie! Aie! Aie! J'allais avoir une bosse sur le front, ooooh merde! Demain, j'ai une interview à la télé!

-Tu vas bien, m'a demandé Tyler en se précipitant vers moi.

-Je... Je vais bien, dis-je. Ça fait un peu mal...

-C'est pas très grave, répondit-il. T'auras juste une petite bosse sur le front demain.

-Une petite bosse! Mais... C'est la fin du monde, dis-je en paniquant.

-T'es que maquilleur pas acteur, dit-il, découragé.

Je me suis relevé avant de m'asseoir sur une chaise et je l'ai regardé un moment. Il m'a dévisagé, sans comprendre. Que maquilleur? C'est moi ou il avait raté un bout de ma vie? J'ai secoué la tête et je l'ai regardé de nouveau. Je suis Jay Star, auteur-compositeur-interprète, DJ, mannequin américain, maquilleur, styliste et surtout connu pour être un travesti.

-Est-ce que tu lis les magazines à potins, lui demandais-je.

-Tu trouves que j'ai la face d'un gars qui lis des magazines à potins?!

J'ai rigolé et il est embarqué dans mon fou rire, on riait aux éclats, sans pourvoir nous arrêter. Il y avait très longtemps que ça ne nous était pas arrivé.

Mon cœur battait encore plus fort qu'à son habitude, si Tyler ignorait que j'étais une vedette, il n'était pas obligé de le savoir, naah!?

On a fini de rire et on s'est regardé un looooong moment, yeux dans les yeux, c'était tellement intense, ses yeux étaient tellement beaux, Tyler était tellement parfait!..

Puis, mon ventre a gargouillé, signalant que j'avais faim.

-C'est vrai, tu n'as pas mangé de la journée, dit-il en prenant une assiette, me servant une prtotion généreuse des pâtes alfredo al dente qu'il avait cuisiné plus tôt. Tiens, mange.

-Je ne savais pas que tu savais cuisiner.

-T'as raté beaucoup de choses...

J'ai baissé la tête empli de honte. Il l'a relevé à l'aide de deux doigts et a ancrer ses yeux dans les miens.

-Mais, t'as le temps de te rattraper, a-t-il ajouté en m'embrassant.

Il était encore plus beau que celui de tout à l'heure. J'ai passé mes bras autour de son cou et me suis laissé aller dans ce magnifique baiser, qui était si tendre. Tyler était tellement beau, si... si magnifique, exceptionnel. C'était l'homme de ma vie.

J'ai mit fin au baiser, j'avais les joues rouges et je n'osais pas trop le regarder. Je me suis alors contenté de regarder mon assiette qui avait l'ait délicieuse.

Tyler a continuer de ranger pendant que je me régalais. Il était vraiment doué en cuisine. Après avoir fini de manger, je suis rendue compte que ma cuisine était impeccable, comme si personne n'y avait passé du temps. J'ai lavé mon assiette et ma fourchette et je les ai rangés.

-Je vais te laisser, a dit Tyler en saisissant sa veste.

-Oui, j'ai simplement répondu ne sachant pas quoi dire d'autre.

Je voulais le retenir mais je ne savais pas quoi dire... Il s'est dirigé lentement vers la porte d'entrée puis, juste avant de tourner la poignée, il s'est retourna et m'a regardé un moment.

-Tu le fais exprès ou tu comprends vraiment pas, s'est-il écrié plutôt fâché.

-Je... Je quoi, j'ai demandé nerveux et perdu.

-Qu'est-ce que t'attends pour me retenir et me sauter au cou, répondit, découragé.

-Te retenir pourquoi?

Je ne voyais pas ce qu'il voulait dire, les pensées se mélangeaient dans ma tête. Il a soupire et a ouvert la porte, sans rien ajouter. J'ai réalisé qu'il allait partir, et que cette fois-ci c'était pour toujours. Mais pourquoi est-ce que j'étais aussi stupide?

La porte s'est refermé doucement, mais juste avant qu'elle le soit complètement, j'ai couru, je l'ai ouverte et tiré Tyler par son t-shirt. Alors qu'il s'est tourné vers moi, je lui ai attrapé le visage et je l'ai embrassé à pleine bouche.

-Je t'aime Tyler, lui ai-je dit entre deux baisers. Je t'aime tellement.

J'ai continué à l'embrasser passionné, enflammé. Nous poussant à l'intérieur de mon appartement, Tyler a fermé la porte d'entrée et a passé ses mains sur mes hanches dénudées puis sur mes fesses. Il les a empoigné fermement, me faisant lâcher une plainte de plaisir.

-Je t'aime aussi Jay, a-t-il dit au creux de mon oreille.

J'ai frissonné de bonheur, pour la première fois depuis longtemps, j'étais heureux et je ne regrettais rien. Pour une fois, ma vie était la plus belle.

Il a fini par mettre fin au baiser même si j'insistais pour qu'il continue ses baisers et caresses.

Il a rigolé.

-On aura tout le temps demain soir après le boulot, dit-il en me donnant un dernier baiser. Je t'aime Jay, on se voit demain.

-Oui, dis-je comme un enfant qui n'avait eu ce qu'il voulait. A demain, dis-je toujours aussi déçu.

-T'es tellement mignon, dit-il en m'embrassant une dernière fois. Je t'aime tellement.

-Je t'aime plus, répondis-je avant qu'il ne parte.

La porte s'est fermé derrière lui, et je fus laissé à moi-même. Épuisé par toutes les émotions que je venais de vivre, je suis allé dans ma chambre et je me suis enfoui dans mes couvertures. Je me suis endormi en songeant au si beau visage de Tyler, qui était maintenant mon petit copain!

Finalement, ma vie n'était pas si pire que ça!


 
 
 
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