
J’avais un mal de ventre incontrôlable. Pourtant, le prof me regardait comme si j’étais de la merde. Il ne me laissait pas aller à la toilette pour que je puisse vomir mes tripes. Il nous expliquait tranquillement ce que nous allions faire pendant les soixante-quinze prochaines minutes de cours. Puis, il a demandé qui aimerait être chef d’équipe.
Du coup, je me suis levé, tout le monde m’a regardé avec un air d’incompréhension sur le visage. Je tenais mon ventre, pensant que quelque chose allait y sortir, et j’ai vomi. J’ai vomi devant tous les élèves de la classe. Les filles se sont mises à crier, un cri de mort. Comme si ce…Ce truc allait les attaquer et les bouffer toutes crues. Puis, les gars de ma classe ont rit. Ils ont rit aux éclats, entraînant les filles et le professeur.
École de merde. Depuis qu’ils savent pour mon homosexualité, ils m’en font tous baver.
Le professeur riait aux larmes puis il est sorti en disant qu’il allait chercher quelqu’un.
J’ai prié de toutes mes forces pour que personne de ma classe ne me fasse de mal, mais c’était beaucoup trop demander. L’un des garçons, le plus sportif et le plus fort de la classe, c’est avancé vers moi. Il m’a poussé pour m'obliger à me mettre à genoux devant mon dégueulis. Il m’a sourit, menaçant. J’ai pris panique et j’ai voulu partir en courant mais je me suis vite retrouvé plaqué au sol, le visage directement devant ce qui venait de sortir de mon ventre.
Et c’est là que ma vie a empirée. Ils m'ont complètement plongé la tête dans mon vomi. La main totalement plongée dedans, paniqué, j’ai appellé à l’aide intérieurement. Sa main retenait fortement ma tête, m’empêchant de respirer. Alors que je tente en vain de remplir mes poumons, j’ai aspiré une bouchée de ce qui venait de sortir de mon estomac… -AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH, j'ai hurlé en me redressant tendu comme une barre sur mon lit. Ces images sont gravées dans ma mémoire, comme si cela s'était produit hier. À cause de ces brutes, j’ai changé de ville, d’école, de vie. Je vois à présent un psychologue, qui ne m’aide pas du tout et ma vie est pire qu’avant… Enfin, c’est l’impression que j’ai… Ma belle-mère me déteste plus que tout au monde depuis qu’elle sait que je suis gay et elle n’ose même plus me regarder en pleine face. Elle n’arrête pas de répéter que tout est de ma faute, qu'à cause de moi, nous sommes partis de notre quartier pourri.
Mais je n'y peux rien. Si j'avais pu choisir, je serai hétéro et non homo. Puis, ce n'est pas de ma faute si j'ai subis intimidation sur intimidation. Agression après agression...
Mais tout cela est derrière moi désormais. Je me dois de passer par-dessus tout cela. Aujourd’hui est une nouvelle journée. Une nouvelle journée durant laquelle je vais commencer dans ma nouvelle école, avec tout ces nouveaux visages.
Sept heures, je n'ai plus beaucoup de temps devant moi. Tant pis pour la douche, elle sera pour ce soir.
Je me suis arraché à mes couvertures, j’ai fait mon lit, me suis habillé, préparé mon sac et rangé un peu ma chambre au passage, qui est encore pleine de boîtes. Je suis allé dans la cuisine, prendre mon déjeuner rapidement avant d’aller me brosser les dents, de prendre une veste dans ma chambre, d'attraper mon sac et d’attendre mon père dans la voiture. Il est entré à peine quelque seconde après moi dans la voiture et m'a sourit. C’était bien le seul qui m’aimait malgré ma différence…
Il a parti le moteur de la voiture et on s'est mit en chemin. Je me suis calé dans mon siège et j’ai posé la tête contre la vitre. Du coin de l'œil je vois mon père me sourire de nouveau. J’adore son sourire, c’est, selon moi, le plus beau de tout les sourires. -Tu vas voir Yohann, cette année tu te feras des amis, et personne ne te feras de reproche sur ton orientation. -Comment tu peux le savoir, lui ais-je demandé pas très convaincu. -Je le sais tout simplement. Fait donc confiance à ton vieux père, hein. Ouais, sur ce point il avait raison.
Je vivais avec ma belle-mère bien aimée, que j’appelais maman jusqu’au jour où elle su pour ma sexualité et mon père. Ma relation avec Françine, ma belle-mère s'est transformée depuis. Tout à coup, elle est devenue méchante avec moi et je subis ça depuis au moins deux ans.
Ma mère, ma vrai mère là, elle m'a simplement dit que je restais son fils et qu’elle m’aimait malgré tout. Dommage qu’elle ait décidé de vivre en Angleterre avec son nouveau mari et que je ne puisse plus la voir. À moins que j’aille la rejoindre à Londres... Mais papa ne voudrait jamais et je ne voulais pas lui faire de la peine… -Tu es un garçon formidable Yohann, ne l’oublie jamais. -Ouais…ai-je simplement murmuré en regardant la grande façade de l’école s’élever devant mes yeux. Mon père gare la voiture, tout près de l’école, histoire que tout le monde remarque que c'est mon père qui me raccompagne. La honte ! Je soupire fortement pour que mon père comprenne mon désaccord, ce qui le fait bien rire. J’ouvre la portière en regardant autour de moi, tentant de tout examiner en même temps. Les autres élèves fument ou parlent, repartis en petits groupes. Plusieurs personnes m'ont regardé comme si j’étais un intrus dans leur vie alors que d’autres ne me prêtent même pas attention. Je prends mon sac et souris une dernière fois avant de descendre de la voiture. Tout juste avant que je ne ferme la portière de la voiture, je regarde mon père et je lui dit : -S’il te plaît papa, appelle moi Ian.
Mon père m'a sourit sachant très bien que je déteste me faire appeler Yohann puis j'ai fermé la portière de la voiture. Mon père avait peut-être raison, cette année allait peut-être être différente dès autres.